Ils sont maîtres et seigneurs
Ils sont armoires normandes
Ils sont terreurs des Andes
Ils sont briseurs de cœurs
Ils sont casseurs d'assiettes
Ils sont coureurs de globe
Ils sont trousseurs de robes
Mais leur âme est inquiète

Ils sont chevaux piaffants
Moissonneurs de nuages
Ils sont dragueurs de plage
Ils sont brasseurs de vent

Ils rêvent d'aller loin
Ils sont mari-pantoufles
Jusqu'à leur dernier souffle
Ils sont café du coin
Les hommes

Ils sont coulants regard
Et ronronnant romance
La main dans tous les sens
Et le cœur nulle part
Ils sont chairs à patron
Ils se croient forts et libres
Ils se croient droits de vivre
Ils sont chairs à canon

Ils sont guerriers forcés
Ils sont héros quand même
Ils ont peur qu'on les aime
Ils veulent être aimés

Ils sont clients bordel
Ils sont orgueils qu'on brime
Ils sont masses anonymes
Ils espèrent le ciel
Les hommes

Mais quand leur cœur déborde
Qu'ils ne comprennent plus
Ils sont bébés qu'on borde
Ils sont enfants perdus
Ils sont "Reste avec moi"
Ils sont "Encore un verre"
Qu'on leur rende leur mère
Et leur cheval de bois

Qu'on leur prenne la main
Qu'on leur conte une histoire
Qui promet la victoire
Pour de lointains demains

Qu'ils sachent pourquoi, pour qui
Ils vivent peines et pleurs
Et qu'ils oublient, une heure
Qu'ils sont morts en sursis
Les hommes

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